DOLMEN (In memoriam Roland Giguère)

(
2025
)
Compositeur: Maxime McKinley
Quatuor de saxophones (SATB)

**Commande de Quasar

Un dolmen est un assemblage, vertical et horizontal, de trois grandes pierres. Ces monuments mégalithiques sont parmi les premiers tombeaux de l’humanité, dès le Néolithique. « Dolmen » est aussi le titre d’un poème, écrit en 1955 par l’artiste visuel et poète montréalais Roland Giguère (1929-2003). C’est ce poème qui m’a donné l’impulsion de composer cette pièce. En effet, ce « dolmen » sonore, à la mémoire de Roland Giguère, s’inspire particulièrement de trois de ses livres : L’âge de la parole (1949-1960), La Main au feu (1949-1968) et Forêt vierge folle (1949-1978). Il serait impossible de résumer en quelques mots tout ce qui, dans cette pièce, condense ce que j’ai trouvé et ressenti au contact de l’art de Giguère. Je me contenterai de signaler que j’ai composé à partir de quelques mots-phares, comme des repères que j’ai trouvés et retrouvés au fil de ses vers, strophes, poèmes et livres : dolmen, appels, ancêtres, volcan, cris, chants, chuchotements, tremblements et rivage. Plusieurs affects et sensations sont également intervenus, comme une expérience large du temps, de l’étonnement face à l’élémentaire, et une sorte d’expressivité rauque, de lyrisme minéral. Mon souvenir de la voix de Roland Giguère, que j’ai entendue à la fin de mon adolescence alors qu’il récitait certains de ses poèmes, a aussi influencé ce travail. Trois très brèves citations des Lagrime di San Pietro (1594) de Roland de Lassus – des madrigaux spirituels composés à Munich à la fin de sa vie – sont murmurées à trois moments furtifs.