Baba O'Riley
(**Commande par Flex Ensemble
Ce quatuor avec piano est spécialement composé pour l’Ensemble Flex, originaire de la ville d’Hanovre en Allemagne. En quatre mouvements, l’œuvre explore l’espièglerie et la théâtralité que j’ai pu ressentir en découvrant l’historique des performances de l’ensemble.
Le premier mouvement est une danse majestueuse pour marionnettes. J’ai composé la musique de façon à ce qu’elle communique à la manière d’un piano mécanique : un motif répétitif est attribué à chacune des parties instrumentales, formant une tapisserie de combinaisons rythmiques changeantes. Le piano agit à titre de guide pour le reste des instruments, qui ont chacun leur propre personnalité. Le violoncelle boude et marmonne sans mélodie spécifique alors que l’alto et le violon sont en pleine conversation presque vertigineuse, tous deux sur un thème semblable, mais dans des registres différents. Le mouvement se termine brusquement ; c’est la fin du rouleau du piano mécanique.
Le deuxième mouvement est une valse animée de boîte à musique. Le violon interprète une mélodie enjouée aux figures répétitives viennoises. Le piano, le violoncelle et l’alto représentent les clics-clacs rythmiques, délicats, mais tranchants, de la boîte à musique. La ligne fluide du violon contraste avec la simplicité du piano. La danse se termine, mais reste la coda, alors que le violon interprète une version plus contemplative de la mélodie de départ.
Le troisième mouvement est en trois parties. Chacune d’entre elles est une danse effectuée toute en douceur et en discrétion. Le piano devient graduellement plus délicat alors que les cordes d’un 6/8 effréné à une section en pizzicato. Le mouvement se termine en un legato presque inaudible.
Dans le quatrième et dernier mouvement, le piano prend le rôle d’un piano droit sur une piste de danse modeste, jouant à la manière du Hammerklavier pour accompagner un groupe de personnages turbulents. Le violon, l’alto et le violoncelle représentent des danseurs qui se promènent à travers la pièce, chacun dans des mouvements excentriques uniques. Soudainement, le violon se transforme en un chanteur qui pousse une note aigüe sur l’accompagnement du piano. Le mouvement se termine section par section, avant que le violoncelle se remémore subitement ce qu’il s’apprêtait à dire au tout début.
Le titre Baba O’Riley suggère que cette pièce est un hommage au groupe de rock anglais The Who. Détrompez-vous. Comme The Who, je rends plutôt hommage au compositeur Terry Riley. De plus, certaines œuvres se nomment d’elles-mêmes, et ce titre m’a semblé le bon pour ce quatuor avec piano.