Chaleurs

(
1987
)
2020
Compositeur: Walter Boudreau
Duration:
50:00:00
Pour quatuor de saxophones et danse chorégraphiée

Une composition retrouvée…

Il y a deux ans, le fond d’archives de l’Université Concordia qui conserve toutes mes œuvres et artéfacts, a trouvé une partition volumineuse de mon crû écrite en 1985 dont je ne me souvenais plus… À ma demande, ils m’en ont fait parvenir une copie (PDF) et je suis littéralement tombé en bas de ma chaise devant cette composition foisonnante - œuvre de « bravoure » s’il en est - et vraiment particulière. En effet, le temps passe (trop) vite et il n’est pas toujours facile de retracer exactement avec précision la place
qu’occupent certaines œuvres dans mon catalogue ayant souvent été composées « on the road » entre deux concerts, deux tournées et/ou enregistrements, la planification et la gestion artistique des programmes de la SMCQ et quoi d’autre encore ! De plus, comme je l’ai fait parfois avec des œuvres scéniques, j’en avais tiré une version « concert » en 1987, mais qui - hélas - n’a pas encore vu le jour jusqu’à maintenant !


J’ai donc composé Chaleur en m’inspirant librement de la chorégraphie de Paul-André Fortier et ses danseurs, dont Vincent Warren entouré d’une dizaine de « complices » chevronné(e)s. Il devait y avoir à l’origine deux parties je crois : La partie A « Chaleur » (environ 50 minutes), était destinée à un quatuor de saxophones « live » sur scène et une partie B  « Brûler » prévue pour l’année suivante (1986) et faisant appel cette fois à une trame électroacoustique, celle-ci étant (pour l’instant) demeurée introuvable…Par la suite révisée et retitrée Chaleurs en 1987, cette partie A fera l’objet d’une création complètement nouvelle pour la 10e édition du Festival MNM le 26 février prochain par l’incomparable quatuor Quasar !


J’ai alors proposé à Paul-André Fortier de créer une nouvelle chorégraphie originale !  Nous avons donc convenu d’un solo de Fortier sur ma (nouvelle) musique. Cela ressemble un peu au serpent qui se mord la queue, mais en fait cette œuvre devient en quelque sorte un vecteur auto-générateur. En effet, nous nous sommes rappelés qu’en 1985, j’assistais plusieurs fois par semaine aux répétitions de Paul-André et ses danseurs, et je poursuivais au fur et à mesure la composition originale de Chaleur, afin de traduire les
atmosphères que la chorégraphie me proposait. Maintenant, c’est l’inverse. Cette fois-ci, je lui ai envoyé la musique préenregistrée de la version 1987 et lui créera sa chorégraphie, en solo cette fois-ci d’une quinzaine de minutes, comme si nous échangions nos procédés créatifs.


Enfin sans sombrer ni trop se perdre dans des détails relevant de la musicologie, Chaleurs (1987) s’inscrit dans mon grand cycle d’oeuvres intitulé le Cercle Gnostique reposant sur l’interprétation, la transposition et
la lecture intrinsèque en musique de certaines caractéristiques du Système solaire et des étoiles. Chaleurs est une des œuvres les plus achevées de cette Odyssée entièrement basée sur des multiples de trois (3), comprenant évidemment les 9 planètes selon moi, où je réintègre Pluton, malgré ce qu’en disent certains astronomes…


- Walter Boudreau, 3 février 2021