La Capra Che Suona (1985)
Compositeur: John Rea
10 saxophones (SnoSSAATTBBBasse)

On ne peut pas imaginer une expression plus convaincante, ni plus juste :
La Capra che suona (la chèvre qui sonne), une jolie locution de provenance italienne méridionale, qui décrit métonymiquement le matériel de construction de la musette — la peau d’une chèvre. Peut-être ce nom décrit aussi une mise en scène : un berger qui la joue, sur une montagne, loin de la ville.

Connue en Italie sur d’autres noms, par exemple, la zampogna (déformation du mot grec, symphonia), la musette sonne et chante principalement grâce à son chalumeau, le tuyau muni d'une double anche.

Alors, comment arrive-t-on à une composition pour dix saxophones ? Ayant fait la connaissance en 1984 du saxophoniste multiple français, Daniel Kientzy, il m’a demandé de lui écrire une pièce à multipiste, c'est à dire, ou il jouerait toutes les parties dans un studio. Cependant l’œuvre a été interprétée pour la première fois en 1987 par le Grand Ensemble de Saxophones de Montréal.

De plus, à ce moment-là dans ma vie, j’étais obsédé par un dicton de Jean Cocteau, qui ne me lâchait pas : Plus un poète chante dans son arbre généalogique, plus il chante juste ! 

Commande de Daniel Kientzy