Ball Jam (2011)
Compositeur: Zack Settel
Pour quatuor de saxophones en mouvement et dispositif électronique interactif.

La pièce emploie des techniques utilisées pour les applications de réalité augmentée. L’espace réel d’interprétation est recouvert d’une couche audiovisuelle virtuelle, où les sons du quatuor sont capturés, traités et émis dans l’espace d’interprétation par des enceintes environnantes. Utilisant des modèles physiques pour le mouvement, les sons joués par les interprètes sont capturés et « attachés » à des objets bondissants qui sont mis en mouvement dans la couche virtuelle. Un écran de projection au-dessus des musiciens sur scène fournit une représentation de la couche virtuelle, où les objets-sons bougent dans l’espace d’interprétation.

De cette manière, la musique jouée par les interprètes peut physiquement se regrouper et se réorganiser dans l’espace d’interprétation. Chaque note, ou groupe de notes joué, devient détaché de la séquence de notes jouée par l’interprète. À la manière de particules, ces notes rebondissent dans l’espace d’interprétation, et finissent par être immobiles, jusqu’à être remises en mouvement un peu plus tard par le mouvement des musiciens sur scène. La forme de l’oeuvre est assez librement canonique, puisque des éléments musicaux déjà joués peuvent être recombinés avec d’autres éléments (déjà joués ou nouveaux), produisant de nouvelles juxtapositions de mélodies et de rythmes.

La partition inclut de l’information chorégraphique pour coordonner durant l’oeuvre la position du musicien avec le mouvement. Plusieurs zones, localisées sur la scène, sont utilisées pour coordonner la capture des sons des interprètes avec l’application du mouvement du musicien vers des objets-sons à proximité. Ainsi, il y a une relation prédéterminée entre ce que joue le musicien et où et quand il ou elle le joue.

Au bout du compte, l’oeuvre s'inspire librement des travaux de Steve Reich,faisant usage d’éléments répétés et de relations phrasées, mais dans un contexte spatial au sein duquel les périodicités géométriques dans l’espace physique (telles
que des murs opposés) peuvent avoir des manifestations sonores.

Ball Jam est une commande de Quasar réalisée avec l'appui financier du Fonds de dotation Quasar. Création le 19 février à l'Agora de la danse dans le cadre du Festival Montréal Nouvelles Musiques.