Ofer Pelz

Montréal (Québec)

Ofer Pelz est né à Haïfa (Israël) et vit présentement à Montréal. Il compose pour diverses combinaisons d’instruments et de dispositifs électroacoustique et est très actif en tant qu’improvisateur. Sa musique explore un concept qu’il définit de « répétition instable » ; une succession de fragments qui varient de répétition en répétition, tout en tentant de maintenir une tension perceptible. Son travail lui a valu de nombreux prix tant à l’échelle locale qu’internationale, dont deux prix ACUM et le prix Ernst-von-Siemens.

La musique d’Ofer Pelz est jouée régulièrement en Europe, aux États-Unis, au Canada, en Corée du Sud et en Israël dans des festivals tels que Manifeste (IRCAM), La Biennale di Venezia, MATA Festival, Zeitkunst Festival Radialsystem (Berlin), Nuova Consonanza (Rome), au Centre Pompidou et par les ensembles Meitar, Geneva Camerata, Cairn, Israel Contemporary Players, le Quatuor Ardeo et le Nouvel Ensemble Moderne. Il a également travaillé avec de nombreux chorégraphes, dont François Raffinot.

Ofer a fait ses études supérieures à l’Académie de musique et de danse de Jérusalem. Il a poursuivi son parcours en composition instrumentale et électroacoustique au conservatoire du Blanc-Mesnil avec Thierry Blondeau et Gilles Racot, ainsi qu’au Conservatoire de Paris et à l’IRCAM. Il a complété son doctorat en musique à l’Université de Montréal avec Ana Sokolovic et Caroline Traube en avril 2018.

PROJET

"I need to hear it first"

Pour quatuor de saxophones

L’idée de départ est l’image visuelle et sonore de l’ombre. L’ombre peut-être à la fois envisagée comme une réflexion d’un objet, 
ou sa duplication de manière modifiée. Je questionne l’ambiguïté 
entre la répétition et la variation. J’aimerais utiliser l’amplification 
ainsi que l’électronique en temps réel, comme un objet opaque 
où les instruments sont la source, et où l’ombre est le résultat sonore. Techniquement, il s’agit de l’utilisation (métaphorique ou réelle) 
du délai, de la résonance, et des transformations de celle-ci.

« En musique, l'image de l'ombre signifie pour moi une duplication inexacte. »

Une rencontre avec Ofer Pelz

I need to hear it first

I NEED TO HEAR IT FIRST

Mon travail commence souvent par la recherche, l’appropriation d’une image sonore. Dans I need to hear it first, cette image est construite par des points granuleux qui, par la proximité des uns par rapport aux autres, forment un corps. Celui-ci se répète et se transforme constamment, gardant la trace des événements passés. Dans ma musique, j’explore la répétition de manière inexacte : de légers changements se produisent à chaque itération, et ces changements se retrouvent aussi bien dans le matériau musical lui-même que dans la variation de la perspective auditive.

Pendant quelques années, lorsque j’étais adolescent, je me suis exercé au saxophone ténor et j’ai joué dans un big band d’école. Cette oeuvre est une occasion d’explorer cet instrument en tant que compositeur pour (presque) la première fois. Je tente de traiter les instruments ici comme un seul, composé de quatre individus, et non comme quatre instruments créant un ensemble. Le processus de création en travaillant en atelier avec Quasar m’a permis d’explorer plusieurs directions avant de trouver celle de la pièce finale.
Une grande partie des timbres que j’explore présente des nuances très douces et des modes de jeu délicats, ce qui me permet d’obtenir une large gamme d’expressions qui ne serait pas accessible autrement; on y trouve une fragilité dans le son, des vibrations, de la granulation, toute une gamme de bruits « parasites ».
Le nom de la pièce m’est apparu lors d’une discussion avec un ami à ce sujet. Il m’a dit: « I need to hear it first » (je dois d’abord l’écouter), et j’ai donc décidé de simplement l’appeler comme ça. La pièce est divisée en plusieurs petites sections comportant des mots en hébreu et en anglais, qui sont un mélange de tous les noms que je voulais donner à la pièce: Tetarim tetarim, Alma, Hie, Pash, Southwest, How many mics ?, Acoustic fields, Northeast, Coda.