André Hamel (1955. La Pocatière, Qc, Canada)
À huit
Brumes matinales et textures urbaines
Né en 1955, André Hamel est actif comme compositeur depuis le milieu des années 80. Membre du comité artistique de la SMCQ depuis 2000, il a notamment été actif au sein de la Société des concerts alternatifs du Québec (Codes d’Accès) dont il fut un des membres fondateurs, du Conseil québécois de la musique et du Centre de Musique canadienne. Il fait également partie, avec Alain Dauphinais et Alain Lalonde du collectif Espaces sonores illimités www.espacessonoresillimites.com.
André Hamel a vu ses œuvres exécutées ici et à l’étranger. On lui a également attribué plusieurs prix et distinctions tels une mention spéciale au Concours international de composition Goffredo Petrassi (Fondation Arturo Toscanini, Italie, 1997), le Prix Opus de la Création de l’année en 1998, le Prix Joseph-S.-Stauffer du Conseil des Arts du Canada en 2000 et, plus récemment (2009) et le 2e prix ex-æquo au Concours collégien de musique contemporaine. De juillet à décembre 2003, André Hamel a bénéficié d’une résidence au Studio du Québec à New York. En juin 2007, son octuor de saxophone, À huit, était choisi parmi les œuvres recommandées à la Tribune internationale des compositeurs de l’Unesco. Son disque, La trilogie du presto (Atma), a été en nomination pour un Prix Opus (2006-2007).
Ces dernières années, il a participé à plusieurs projets d’envergure dont le plus récent est la reprise, dans le cadre du festival MNM 2011, du spectacle multidisciplinaire Urnos, récompensé par le prix Opus du meilleur concert de l’année Musiques actuelle et électroacoustique (Conseil québécois de la Musique),André Hamel est présentement enseignant en composition et en formation auditive au CEGEP Marie-Victorin.
Brumes matinales (2008)
pour quatuor de saxophones et traitement numérique
Après une nuit de volupté, ils se sont arraché aux langueurs matinales, ont pris une douche, se sont habillés, se sont fait du café, ont mangé un peu puis, sans dire mot, se sont engouffrés dans le tourbillon diurne des activités humaines.
Commande de Quasar, Brumes matinales a bénéficié de l'appui du Conseil des arts et des lettres du Québec.
À huit (2001)
pour huit saxophones (SSAATTBB)
D’abord une idée. Utiliser très largement les sons multiples (technique par laquelle un instrument monodique peut émettre plus d’une note). Mais aussi, utiliser ces sons d’une façon structurelle. Émanciper la technique de l’usage courant qu’on en fait. Aller au-delà de l’effet sporadique, de l’ajout. Intégrer organiquement les multiphoniques au langage. En conditionner ce dernier.
Mais comment y arriver ? Et surtout, comment travailler. En tant normal, le compositeur de musique instrumentale a à sa disposition une matière sonore connue dont les combinaisons sont relativement prévisibles. Il est loisible, par exemple, d’imaginer le résultat de la superposition en sixte d’une clarinette et d’une flûte jouant dans un registre donné. Avec un peu d’expérience, on peut avoir une très bonne idée de la sonorité qui sera ainsi obtenue.
Mais il en allait tout autrement ici. En effet, comment imaginer à l’avance le résultat produit par la superposition de sons aussi complexes ? Et qui plus est, lorsqu’on en superpose cinq, six, voire huit ? Il me fallait faire autrement. Il me fallait trouver une façon de composer qui soit en lien direct avec la matière sonore. Un peu à la manière des électroacousticiens, mes choix se devaient d’être déterminés non pas par une espèce de prospective préalable à la réalité sonore, mais plutôt par la matière sonore elle-même.
Pour ce faire, j’ai demandé à chacun des membres de Quasar d’identifier une vingtaine de sons multiples, autant que possible variés, et avec lesquels ils étaient à l’aise. J’ai enregistré ces sons et les ai par la suite échantillonnés de manière à pouvoir les reproduire directement à partir de la partition réalisée à l’ordinateur. Mais contrairement aux électroacousticiens, le résultat ainsi obtenu ne devenait pas le résultat final. Ce fut pour moi un outil de travail et À huit reste, en ce sens, une œuvre instrumentale.
Là ne s’arrêtent pas cependant les références à la musique électroacoustique (plus spécifiquement à l’acousmatique). De ça vous pourrez juger par vous-même.
À huit a fait l’objet d’une commande du Théâtre La Chapelle à l’initiative de Quasar. Elle y fut créée le 26 avril 2001 dans le cadre d’un concert coproduit par la SMCQ. L’écriture de l’œuvre a bénéficié de l’aide financière du Conseil des Arts du Canada.
André Hamel
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